George Rohr est un homme d’affaires qui soutient de nombreuses activités Loubavitch. Le Rabbi l’avait inspiré à de nombreuses reprises, et il souhaitait trouver un moyen de lui témoigner sa reconnaissance. Une année, alors que le Rabbi distribuait personnellement du léka’h – le gâteau au miel traditionnellement donné avant Yom Kippour afin de transmettre les bénédictions pour une douce année – George dit joyeusement au Rabbi qu’il avait organisé, à Roch Hachana, un minyane pour 150 Juifs « sans aucun background juif ».

Le visage du Rabbi prit aussitôt une expression très grave. Il regarda M. Rohr avec intensité et lui dit : « Allez dire à chacun des 150 participants qu’il possède un “background juif” d’une puissance extraordinaire. Ils sont tous les descendants d’Avraham, Its’hak et Yaakov. »

Chaque Juif est porteur du même héritage spirituel, et chaque Juif possède une part égale dans la Torah et ses commandements. Ce qu’il nous faut, ce sont des catalyseurs, des impulsions qui nous amènent à porter notre attention sur cet héritage et à lui donner expression.

Parachat Bamidbar

La lecture de la Torah de cette semaine ouvre le Livre des Nombres, ainsi nommé parce qu’il accorde une place centrale à plusieurs recensements du peuple juif.

Pourquoi D.ieu demanda-t-Il que les Juifs soient comptés ?

Nos Sages déclarent : « Parce qu’Il les chérit, Il les compte à tout moment. » À l’image d’un homme riche qui compte son or, D.ieu compte sans cesse ce qui Lui est le plus cher : le peuple juif.

Un recensement met également en évidence une qualité particulièrement caractéristique du peuple juif : son égalité essentielle. Car lorsqu’on procède à un recensement, chacun – ceux qui possèdent les plus hautes aptitudes comme ceux qui se trouvent aux niveaux spirituels les plus humbles – compte de manière égale. Nul n’a préséance sur un autre.

Chaque Juif possède une âme qui est véritablement une part de D.ieu. D.ieu nous aime au point de placer une dimension de Lui-même en chacun de nous. Au cœur de chaque personne – indépendamment de ce qu’elle pense être et de ce qu’elle a accompli – se trouve une étincelle de D.ieu. Voilà qui nous sommes réellement. Lorsque nous nous dépouillons de tous les éléments extérieurs, cette âme est l’essence de notre être. À ce niveau, nous sommes tous égaux. C’est pourquoi, lors d’un recensement, chacun de nous est compté de la même manière.

Le fait de procéder à un recensement fait également apparaître cette dimension au grand jour. Il ne suffit pas de savoir que nous possédons une étincelle de D.ieu en nous ; nous devons nous efforcer d’agir de façon à exprimer, dans notre conduite quotidienne, l’unité qui habite le fond de notre être. Cela implique de mettre en lumière l’étincelle divine présente en chaque personne et dans chaque élément de la création que nous rencontrons.

Le regard tourné vers l’horizon

Nos Sages rapportent que neuf recensements ont eu lieu dans l’histoire juive. Le dixième et dernier recensement aura lieu lors de la venue de Machia’h, lorsque la qualité essentielle qui se trouve au cœur de chaque âme juive se manifestera pleinement.

À l’heure actuelle, la plupart d’entre nous sommes pris par les détails quotidiens de notre vie personnelle. Ce sont ces éléments qui accaparent une grande part de notre attention. À l’ère de la Délivrance, lorsque « toute l’occupation du monde sera uniquement de connaître D.ieu », cela changera. Dans la mystique juive, le nombre dix symbolise l’accomplissement dans sa plénitude. De même, le dixième recensement sera le signe qu’il nous faut accéder à un autre niveau de conscience, où notre essence intérieure puisse s’exprimer. Ainsi, il nous encouragera à révéler notre potentiel divin intérieur dans tous les aspects de notre vie.