Ki Tetsé
L’âme, meurtrie mais à jamais vivante
Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous lisons l’évocation douloureuse d’une violence faite à une jeune femme :
« Il l’a saisie dans le champ ; la jeune fille a crié, mais il n’y avait personne pour la sauver. » (Deutéronome 22, 27)
La Torah la déclare entièrement innocente. Elle a crié, mais nul n’était là pour entendre son appel et lui porter secours. Le Tséma’h Tsédek, troisième Rabbi de Loubavitch, dévoile dans ce verset une lecture intérieure, dont le Rabbi explicita la portée pour chacun de nous.
La jeune fille, explique-t-il, représente l’âme divine : cette part la plus profonde de nous-mêmes qui ne cesse jamais de désirer D.ieu. Face à elle se dresse cette part instinctive et impulsive de nous-mêmes qui voudrait vivre sans hauteur ni direction, au gré de l’impulsion du moment. La Torah la figure ici par l’« homme du champ ».
Il arrive alors que l’âme crie. Pas nécessairement d’un cri que nous entendons. Nous pouvons même traverser des périodes entières sans percevoir son appel, occupés ailleurs, prisonniers d’habitudes qui finissent par nous sembler naturelles. Et pourtant, quelque chose en nous refuse de se résigner.
Le Rabbi s’arrête alors sur les mots apparemment les plus désespérés du verset : « il n’y avait personne pour la sauver ». En hébreu, « personne » se dit eïn. Mais ce eïn renvoie aussi à l’aïn, le « néant », ce qui échappe à toute définition et à toute limite. D.ieu est précisément ce « Personne » qui entend : là où nul secours n’est perceptible, le cri de l’âme atteint ce qui est au-delà de toute limite.
Car ce cri est déjà une révélation. Et plus l’âme semble être tombée bas, plus haut porte son cri. S’il jaillit encore du plus profond de l’être, c’est que l’éloignement n’a jamais pu atteindre ce lieu-là. Rien n’a pu rompre le lien qui unit cette âme à D.ieu.
Ce cri éveille en haut un amour qui, à son tour, réveille l’amour enfoui au tréfonds de l’âme et lui donne la force de se relever.
C’est là l’un des sens les plus profonds de la téchouva. Maïmonide écrit que celui qui revient véritablement à D.ieu peut dire : « Je suis une autre personne ; je ne suis plus celui qui a commis ces actes. » Non qu’il efface son passé, mais il découvre que son passé n’épuisait pas son identité. Sous les choix, les habitudes et les chutes, un appel intérieur résonnait encore. Revenir, c’est entendre enfin cette voix et retrouver, sous tout le reste, cette part de soi qui était demeurée intacte.
Le mois d’Eloul nous invite précisément à l’écouter. Une Mitsva accomplie avec davantage d’attention, une prière dite avec vérité, un lien que nous choisissons de réparer : autant de façons de laisser apparaître ce qui, en nous, n’a jamais cessé de vouloir revenir.
Et lorsque cette vérité se révèle en chacun, le monde lui-même commence à révéler sa nature intrinsèque : un lieu qui n’est pas séparé de D.ieu. C’est cette réalité que la venue de Machia’h rendra pleinement manifeste : nous découvrirons alors que, jusque dans les moments où la distance semblait immense, le lien essentiel n’avait jamais été rompu.
Chabbat Chalom !
De vos amis @ Fr.Chabad.org
Nous avons tous sans doute déjà entendu un ou plusieurs de ces “faits” au sujet des téfiline. Voyons ce qu’ils ont de “vrai”.
Les critères permettant d’identifier le Machia’h, tels que les a formulés Maïmonide.
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